Géhenne ou le Paradis Perdu

Cet endroit où des damnés subissent le châtiment éternel…
 
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 Le prochain maillon (PV)

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MessageSujet: Le prochain maillon (PV)   Dim 4 Jan - 20:39

Le prochain maillon


    La Rébellion avait plusieurs façons de recruter ses membres. La plus part du temps, elle entrait en contact avec la cible, lorsque celle-ci se trouvait dans une situation précaire. Suffisamment précaire pour favoriser une prise de risque. Un pari pour la survie. Elle tirait profit des situations. Sans cela peu de créatures se révélaient assez téméraires pour envisager de s’opposer à l’ordre établi. C’était, en quelque sorte, le premier acte de foi.

    Tel qu’ils l’avaient envisagé le fléau qui ravageait l’Enfer –depuis maintenant plusieurs semaines-ouvrait à de nombreuses possibilités. La période était parfaite pour un enrôlement de masse. Le chao leur offrait certains avantages. Il leur était plus facile d’approcher les créatures infernales installées dans la cité. Plus facile également d’avoir accès aux Cercles et à leurs occupants. Or, il y avait parmi les prisonniers, beaucoup d’esprits libres, dont les aspirations pouvaient s’accorder aux leurs.

    Avec eux la lutte gagnerait en force.

    Astio avait une prédilection pour les âmes nobles. Seules capables d’une réelle loyauté envers le groupe. N’ayant pas mérité de finir sous le joug de Lucifer, elles se révoltaient d’elles-mêmes contre lui. Giada les choisissait avec une extrême précaution et n’hésitait pas à reculer au premier signe de faiblesse. Beaucoup la disait trop exigeante. L’accusant d’une rigidité qui desservait la –leur- cause. D’autant plus maintenant que le temps leur était propice.

    Pour faire taire la critique avait consenti à approcher son dernier élu.

    David Appelton.

    David Appelton était un damné particulier. Son parcours lui valait l’intérêt cumulé des Démons et des Anges. Ses connaissances. Insoupçonnées, prétendues ou acquises, avaient de la valeur.

    Astio avait donc minutieusement organisé son extraction de prison. Seule. Chaque élément avait été préparé jusqu’à cet instant précis. Celui où le garde, en charge de la surveillance, -frappé d’un sort- s’endormirait, juste avant la relève. Ce qui lui offrait trois minutes pour agir. Une fois le corps écroulé sur le sol, elle apparue à l’angle du couloir, se glissa jusqu’à la cellule et l’ouvrit à l’aide de la clé, préalablement suspendue à la ceinture du démon assoupi. Elle était précise et rapide.

    La porte de la cellule se déverrouilla dans un bruit sourd. Giada pénétra à l’intérieur de la cellule de David Appelton.

    « Debout. Nous avons trois minutes pour vider les lieux. Vous poserez vos questions plus tard.

    Une voix féminine constituait l’unique indice concernant l’identité de la créature. Une longue capeline noire la dissimulait toute entière. A la lueur des flammes s’entrevoyait l’ombre d’un visage humain. L’image d’une femme disparue depuis plusieurs siècles et dont personne ne se souvenait. Giada Capuletti. Assassinée un soir d’été dans les rues de Vérone.

    Un léger parfum de musque flottait autour d’elle. Un parfum qui ne pouvait provenir que d’un endroit : la Surface.


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MessageSujet: Re: Le prochain maillon (PV)   Lun 5 Jan - 3:14

Premier message

    Dans un lieu tel que les Enfers, le temps ne semblait pas obéir aux même règles que sur terre.

    David avait de toute façon arrêté de chercher le moindre repère temporelle ici-bas. Prostré dans une cellule miteuse, dont la pierre suintante vous humidifiait jusqu'à l'os, le semblant de vie qu'il menait dorénavant n'était rythmée que par deux choses : le temps passé dans cet endroit particulièrement repoussant et le temps passé dans un endroit, encore pire.

    La souffrance était le quotidien, le sommeil n'existait plus – ou alors il l'avait définitivement abandonné – et l'attente, l'interminable attente finirait par le rendre fou. Le pire était l'expectative du bruit. Ce bruit sourd qui lui gelait la poitrine et tordait ses entrailles. Ce bruit alors que l'on déverrouille la lourde porte de fer qui le sépare de sa prison misérable du véritable enfer. Le grincement glacial des gonds qui tournent sur eux même, la lumière rougeoyante qui s'infiltre dans la geôle et les pas lourds des créatures qui viennent le tirer de ce répit emplit de peurs et d'appréhensions.

    Le temps était un traître.

    Pire qu'une routine. David connaissait parfaitement ce qui l'attendait. Aucune variation, aucun imprévu. La peur du connu était bien plus effrayante que la peur de l'inconnu. Il en venait parfois à ce demander si tout cela était bien réel, si le temps s'écoulait réellement ou si on ne s'amusait pas, plutôt, à lui faire repasser en boucle les mêmes tortures, les mêmes sursis.

    Les mêmes pensées qui revenaient sans cesse.

    Il revoyait le monde d'en haut et la douleur de l'en bas n'en était que plus cruel. Savoir que jamais plus il ne foulerait la Terre... Il avait prié pourtant, mais un dérapage, un seul, lui avait valu la damnation. Il avait été conscient des enjeux et au final il n'était qu'un pauvre pécheur. Seulement, maintenant qu'il se retrouvait dans les fournaises du démon, tout prenait un autre sens. La vision de sa femme et de ses enfants lui réchauffait le cœur autant qu'elle le lui brûlait. Le pire, peut être, étaient les questions sans réponses et les flashs qui avaient disparus sans aucun espoir de recoller les morceaux du puzzle.

    Il avait été abandonné.

    Pourquoi alors se raccrochait-il encore et toujours à sa foi ? Pourquoi ne mettait-il pas fin à son supplice lorsque son bourreaux lui proposait une place à ses côtés ? Peut-être tout simplement parce que ce n'était pas lui, il ne pouvait céder. Il s'était opposé au mal, et dans un don ultime de son corps, il avait aidé à le combattre. L'Enfer pouvait-il changer quoi que ce soit à cette nature ?

    A tout instant, l'homme damné priait, même si c'était vainement, pour se donner la force. Encore et toujours.

    Une fois encore le bruit se fit entendre. Son être entier se figea. Une sueur froide coulait le long de son échine. Pourtant, quelque chose clochait, comme une poussière dans un engrenage.

    Ce n'était pas encore le moment.

    La silhouette. Et cette voix. Une voix de femme. Une voix qu'il n'avait jamais entendu et qui le sommait tacitement de sortir. De la suivre.

    Quoi penser. Un pièce ? Une nouvelle ruse ? Ses tortionnaires en avaient-ils eux même assez de la routine ? Il n'avait de toute façon pas le choix. Il exécuta l'ordre, se mis debout par ses propres moyens. L'espoir se heurtait à la méfiance. Il ne pouvait voir sa libératrice mais elle portait sur elle une nouveauté, elle n'était rien de ce qu'avait pu connaître David depuis qu'il était dans le royaume d'en bas et il emmagasinait toutes les informations, même s'il n'avait pas forcément les clés pour les décoder.

    Il aurait voulu prendre la femme par le bras, lui demander des explications et ne pas la lâcher avant les réponses. Mais elle avait été claire. Il se contenta de lui faire face, alors le peu de contenance que son corps et son esprit brisé possédait encore. Sans un mot, ses yeux lui disait : « Montrez-moi le chemin ».

[HRP : bon, je me prends la tête avec la mise en page qui se défait toutes les trois secondes, ça doit être bourré de fautes mais j'ai les yeux qui se croisent, je corrigerai quand j'aurai compris pourquoi ma mise en page se barre dès que j'édite !!]
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MessageSujet: Re: Le prochain maillon (PV)   Lun 12 Jan - 13:26

Le prochain maillon

    Malgré l’urgence, dans laquelle ils se trouvaient l’un comme l’autre, la Furie ne pressa pas le damné de se hâter. Fervente défenseuse du libre arbitre, elle n’obligeait jamais personne à agir contre son gré. David Appelton avait donc le choix, concret et direct, de prendre en main sa destinée. Cet instant était déterminant pour les deux parties. Lui car il devait faire preuve de courage. Elle parce qu’elle mettait sa cible à l’épreuve.
    Lorsqu’il s’avança vers la sortie, Astio eut un regard approbateur, sans pour autant le commenter. Ce n’était que le premier pas. Vivre hors de cette cage en promettait de bien plus périlleux.

    « A droite. Ordonna-t-elle, pendant qu’elle repoussa le corps du gardien, dans la cellule, avant d’en claquer la porte et de la fermer à clé. Le trousseau de clés disparu sous la capeline, dans l’une des poches internes.

    Il ne s’agissait pas uniquement de la libération d’un prisonnier. Les objectifs étaient toujours multiples, quand ils s’aventuraient ici. Giada devait faire une observation complète du système de surveillance. Vérifier si les sources disaient vrai. L’Épidémie commençait à avoir des retombées sur les forces lucifériennes. C’est ce que disait la rumeur.
    Le constat était flagrant, depuis qu’elle s’était infiltrée dans le pénitencier, Astio constatait. La garde était moins importante. Les défenses étaient mises en défaut un peu partout. Le colosse fragilisé perdait de sa puissance sur le royaume des Morts. Une excellente nouvelle pour la Rébellion.

    Arrivé à un angle, Astio s’immobilisa et tendit la main pour arrêter son comparse. Le mouvement fit glisser le tissu, montrant une longue main blanche couverte de symboles étranges incrustés à l’encre bleue. Marques de sa race. Plusieurs secondes passèrent, sans que rien ne bouge, puis un bruit de pas s’y fit entendre. Lent et lourd, appartenant à une créature imposante. Une tension émana du corps de la Furie, jusqu’à ce que la présence s’éloigne. Quoi qu’il arrive, ne vous arrêtez pas. Il faut que l’on gagne les souterrains de la cité.

    Chaque son se répercutait de façon décuplée dans les cachots. Une litanie sans fin de souffrance. Elle faisait partie du tout. Cette litanie qui couvrait leur déplacement. La seule source de lumière venait de néon à la lumière électrique. La température avoisinait facilement le 40° degré. L’odeur de la douleur s’échappait de tous les coins.
    Les deux fugueurs purent passer plusieurs couloirs sans encombre. Giada avait volontairement choisi l’un des moments creux. Flottement entre deux heures. Mais le risque demeurait encore.

    Au prochain couloir, ne marchez surtout pas sur les dalles de la colonne centrale. Vous seriez brûlé vif. À trois. » Le pas souple foula les pierres avec vélocité.

    Ils avaient fait les deux tiers du parcours, quand des éclats de voix se firent entendre en amont. Astio fit volte-face et saisi l’humain par le haut de son t-shirt, l’entraîna vivement dans l’ombre. Elle l’y maintient avec fermeté. Ses yeux lui intimèrent de ne plus bouger. Moins de dix secondes plus tard, deux démons se profilèrent à l’entrée du couloir. À leur allure, soldats de l’Envie. Le Cercle 4… de vrais arrivistes. Peut-être les plus faciles à corrompre…

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MessageSujet: Re: Le prochain maillon (PV)   Jeu 15 Jan - 22:37

    David était pris de cette étrange sensation de tiraillement, celle généralement provoquée par des sentiments indéfinis et contradictoires mélangés à de trop nombreuses interrogations, et qui se caractérisait alors par un picotement typique à l'arrière de la nuque.
    Du coin de l’œil, il avait regardé la silhouette féminine refermer la cellule avec le geôlier à l'intérieur et c'était sans bronché qu'il avait obéi lorsque la voix lui avait indiqué la direction. Rien qu'à ces quelques secondes, David ne pouvait s'empêcher de penser que tout ceci avait été, en quelque sorte, soigneusement préparé. Demeurait la question du motif.
    S'il y avait bien un endroit où il avait appris à ne se fier en rien, c'était bien ici-Bas, où il avait bien vite découvert que tout n'était que fourberie, mensonge, malheur... En un sens, la raison lui dictait la méfiance. L'espoir, qui autrefois avait régit sa vie, s'était retrouvé relégué à un plan bien inférieur. Qu'y avait-il a espérer dans une éternité de damnation si ce n'était que de garder le plus longtemps possible la faible lueur de foi qui restait dans le sein de son âme. Qu'espérer, donc, d'une bien curieuse « évasion » dans un monde où on cherchait éternellement à le tourmenter. Le supplice ne serait-il pas d'autant plus grand que son espoir d'y échapper serait fort ? Là était la base de tous les questionnements qui se bousculaient dans l'esprit du damné.
    La main qui vint se placer en travers de son torse tandis qu'ils approchaient d'un croisement le fit s'arrêter net. Ses yeux baissèrent sur ce bras qui l'avait retenu. Il ne manqua pas les signes imprimés dans la peau et dont le bleu contrastait d'autant plus avec la blancheur de la peau. Son regard remonta alors le long de se bras mais se détourna vers la source du bruit avant de chercher à trouver un visage. Après tout, on ne savait jamais vraiment ce que l'on allait rencontrer au royaume des Enfers, aussi bien au coin des murs que sous des capelines noires.
    Ne pas s'arrêter. Quoi que fut la créature à qui appartenait la démarche lourde, ils n'eurent heureusement pas l'occasion de la croiser et déjà éloignée, déjà ils repartaient. Ne pas s'arrêter. Les informations se mêlaient aux frissons qui parcouraient son échine. La peur au ventre était une chose, l'atmosphère en était une autre. Les échos qui se répercutaient le long des murs étaient à devenir fou. David connaissait ce chant macabres de douleur, régulièrement sa voix se mêlait aux autres, mais c'était la première fois qu'il l'entendait d'une telle façon et c'était probablement la plus horrible.
    Comment même décrire le semblant de vie ici bas. Tout était parfaitement indescriptible. Indicible, même. Parfois, David avait cette impression de vivre un songe, même si cauchemar aurait été un terme plus approprié. Il semblait à la fois si détaché de tout et si impliqué jusqu'à la moelle.
    La femme, si tant est que la créature qui l'accompagnait en était une, était une preuve de plus de l'incongruité des situations. Ne pas marcher sur certaines dalles aux risques d'être brûlé ?
    Le terme « vif » n'était d'ailleurs que très mal approprié puisqu'au dernière nouvelle il était plus mort que vif. Quoi qu'il en soit, il resta bien soigneusement à l'écart de la colonne centrale.
    A peine avait-il perçu des voix plus loin sur leur chemin qu'il se sentit agrippé et attiré dans un coin d'ombre, sans un bruit, il tentait de faire ce que le corps tendu de sa libératrice lui intimait : rester immobile, silencieux, en somme : invisible. Il s'y employa du mieux qu'il pu.
    Deux démons venaient d'apparaître plus loin et le cœur de l'homme fit un bon dans sa poitrine. Du moins, il aurait fait un bon dans sa poitrine, mais plus rien n'était comme avant, comme lorsqu'il était en vie. Beaucoup de chose avait changé, des choses qu'il ne saisissait pas encore et qu'il ne pouvait que déduire. Ce corps, son corps même lui paraissait étranger. Le dernier souvenir de sa vie terrestre était celui de son corps réduit à l'état de lambeau sanguinolent par une bête particulièrement féroce. C'était pourtant intact qu'il avait passé les portes de l'Enfer et jeter dans un cachot. Il sentait à ce moment même le sang battre sous l'effet du stress dans ses tempes, pourtant, il savait que s'il posait une main sur sa poitrine, il n'y trouverait aucune pulsation. De l'air devait entrer dans ses poumons puisqu'il respirait, pourtant il aurait bloqué ses voix respiratoires qu'il aurait toujours réussi à prendre des inspirations. Il ressentait la chaleur insoutenable des lieux, pourtant son corps ne libérait aucune sudation. Il avait été découpé, lacéré, poignardé. Les membres coupés n'avait jamais disparus, le sang coulant à flot ne sortait d'aucune plaie béante. Mais la douleur, la douleur...
    L'éternité qui lui restait était toujours incertaine dans l'horreur, mais à ce moment précis, il eu l'impression qu'elle ne pouvait pas être plus hypothétique.
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MessageSujet: Re: Le prochain maillon (PV)   Lun 19 Jan - 17:45

Le prochain maillon


    « Inspirez. » Ordonna-t-elle, moins par compassion que pour être certaine qu’il ne leur fait pas défaut dans un instant critique.

    Ils attendirent encore dix secondes que le danger soit éloigné avant de se remettre en mouvement. Ils approchèrent lentement mais sûrement de la sortie de la Prison. David Appelton n’en avait certainement pas conscience, mais chacun de ses pas était chronométré par trois créatures différentes depuis qu’il avait quitté sa cellule. De véritables moyens avaient été déployés pour le sauver des griffes du Diable.

    Astio continua de les guider, à travers les dédales, avec une efficacité. Elle faisait partie de l’équipe qui avait volé les plans de cet endroit. Au temps où elle était encore une jeune recrue. Il lui avait fallu plusieurs mois pour les enregistrer. Apprendre l’emplacement de chaque couloir, chaque pièce, chaque cellule. Aveugle, elle aurait tout de même pu continuer d’avancer, dans son ancien lieu de résidence forcée. Elle savait également où se trouvaient ses frères et sœurs. Ceux arrêtés par les soldats de Lucifer. Son instinct lui hurlait d’aller les libérer. Quand son cerveau s’interdisait d’y penser.
    Pourtant, tous savaient ce qui leur était fait.

    Au moment d’atteindre une porte latérale, un bruit sourd se fit entendre, dans leur dos. Giada leur fit presser l’allure pour avancer. Une fois de l’autre côté de la porte elle s’arrêta pour faire quelque chose à la poignée de celle-ci. Ses mains ne tremblaient pas, cependant, une certaine nervosité émanait maintenant d’elle. Une nervosité plus prégnante. Une faille était peut-être apparue dans leur plan de sauvetage…
    Or, aucun d’eux n’avait intérêt à être repris par leurs bourreaux. Astio ne pouvait se permettre un échec. Pas dans la situation actuelle. La Rébellion avait encore besoin de ses capacités.

    Aussi se prépara-t-elle à devoir attaquer. De longues griffes s’étirèrent à chacun de ses doigts.

    Le point d’extraction était encore vide. La garde n’avait pas encore compris ce qui se passait. Giada reprit espoir. Elle fit passer le damné devant elle et le poussa vers la dernière porte avec vigueur afin d’assurer ses arrières. Un étrange appareil apparu dans sa main. Une fois qu’elle l’eu activé, l’air donna l’impression de s’épaissir. Le phénomène ne dura que trois secondes. Après ça, le mécanisme de la porte se déverrouilla de lui-même, leur ouvrant un passage vers l’extérieur de l’enceinte.

    Ce n’était pas encore terminé. Ils leur faillaient parcourir une bonne distance, avant de retrouver l’accès aux Souterrains. La Furie s’arrêta sans prévenir et s’écarta sur la gauche. Un instant plus tard, elle tendit au damné une capeline similaire à celle qu’elle portait. Ils n’avaient malheureusement pas de matériel de dissimulation pour ce genre de mission. Mais plus ils s’enfonçaient dans la citadelle infernale et plus les risques s’amenuisaient.

    « À partir de maintenant, vous êtes considéré comme un fugitif. Évitez tous les serviteurs de Lucifer. »

    Ils durent faire deux détours pour éviter la garde. Mais jamais ils n’eurent à reculer. Une fois hors de la zone critique se dessinèrent les premiers signes d’une vie citadine. Rues, carrefours, créatures de toutes sortent en train de faire leurs affaires. À la forme des bâtiments, l’état du sol, l’odeur ambiante, on devinait rapidement qu’il s’agissait de la partie la moins appréciée du royaume. Ils étaient à la frontière entre le quartier sud et le quartier ouest. Là où commençaient la misère et la maladie. Il y avait des panneaux d’informations partout, des affiches, le Fléau était sur tous les murs…

    Tandis qu’ils s’enfonçaient dans ce qui était d’apparence un cul de sac, Giada devança le mortel, pour aller actionner un mécanisme caché dans la pierre. Il s’agissait de plusieurs bouton à activé dans un ordre et à une vitesse précise. Un morceau du mur se mit lentement à coulisser. Peu à peu s’exhiba une pièce secrète. Elle était petite, carrée, sobre, vide. À l’exception au sol, d’un anneau en fer, entouré de poussière. Celui-ci était amarré à une lourde trappe, sous laquelle se trouvait un escalier descendant vers les profondeurs abyssales.

    « Descendez. »

    Composé d’une trentaine de marches, celui-ci était aussi raide, que le cordage d’un bateau. Le sol était lui aussi en pierre. Une longue galerie s’étirait vers le nord. Plongée dans le noir complet.
    Jusqu’à ce qu’une lueur tranche, devenant de plus en plus forte, à mesure que le porteur de la torche s’approchait. Un centaure, au pelage noir et aux yeux gris.

    -"Mr Appelton. Bienvenu à la Rébellion."

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MessageSujet: Re: Le prochain maillon (PV)   Dim 25 Jan - 17:33

    Une nouvelle fois, David obéit sans faire de commentaire. Le ton employé n'invitait pas à la contestation. La peur rendait les membres de l'homme plus douloureux qu'à l'accoutumé, comme s'ils se contractaient davantage sous l'effet de l'appréhension. Il ne pouvait dire si s'en remettre aveuglément à une inconnue tatouée de symboles étranges était une bonne idée ou non, mais avait-il ne serait-ce qu'un autre choix ?
    Ils se remirent expressément en route une fois que sa sauveuse estima qu'il était suffisamment sûre pour eux de repartir. Ils maintenaient l'allure et le damné en aurait presque été essoufflé. Il sursauta lorsqu'un bruit sourd derrière eux se manifesta, sa libératrice le fit se presser encore un peu plus et ils passèrent une porte. Quelque chose clochait. David ne pouvait dire quoi, mais soudainement dans l'attitude si certaine de l'étrangère il crut ressentir un trouble et avant qu'il ne puisse étayer cette impression, de longues griffent apparaissaient dans le prolongement des doigts de la... femme créature ? David recula d'un pas, quoi qu'elle eut l'intention de faire avec ça il n'avait pas envie de se trouver trop près de ces choses qui paraissaient affreusement aiguisées. Il se retrouva pourtant poussé sans ménagement face à une nouvelle porte.
    Il ne put exactement décrire ce qui se passa ensuite, son absence de compréhension des choses l'empêchait d'en faire une description exacte, cela ne dura que quelques secondes mais eut, semblait-il, pour résultat d'ouvrir la porte. Ils avaient repris leur route avant que son guide ne s'arrête pour lui tendre quelque chose. Une capeline semblable à celle qu'elle portait. Il regarda l'étoffe et aucun mots ne furent nécessaire. Il se saisit de la pièce de tissu qu'il revêtit. Elle lui adressa ensuite une nouvelle fois la parole mais ne fut pas beaucoup plus loquasse que les fois précédentes.
    Un « fugitif » ? Il s'était donc réellement évadé de son cachot ? Ou du moins on l'en avait extrait. Il ne rêvait pas ? Ce n'était pas non plus une sorte de ruse perfide ? Quel genre de statut était-ce ça, fugitif en enfer ? Rien de réjouissant pour sûr... quand à éviter les serviteurs de Lucifer, cela ne semblait pas aussi simple qu'elle semblait vouloir le dire, quelques temps plus tôt il n'imaginait même pas qu'il put y avoir dans les Enfers autres choses que des âmes damnées et des « serviteurs de Lucifer ». Il avait beaucoup de chose à apprendre semblait-il.
    Leur voyage n'était pas fini pour autant, ils continuèrent à avancer et à mesure, le « paysage » changeait presque radicalement. Ici on trouvait plus de vie, une vie urbaine. David suivait l'inconnue tout en regardant autour de lui, c'était bien différent de tous ce qu'il avait pu voir jusque là. Il se surpris à trouver quelques écriteaux et affichent mentionnant un fléau ? Il n'avait aucune idée de ce que ça pouvait être mais il ne s'attarda pas réellement pour en lire plus. Il se retrouva dans le fond d'une allée sombre et la créature-femme (il n'avait pas trouver de meilleure nom pour le moment) activa quelque chose qui fit coulisser le mur sur lui-même, derrière une pièce sombre, une trappe, un escalier, un passage.
    Étrangement, après avoir eu l'impression de « remonter » il n'avait guère envie de redescendre, mais les injonctions que son guide employait ne lui donnait pas non plus très envie de la contrarier. Il s'exécuta une fois encore, descendant une à une les marches abruptes. Lorsque son pieds touchant la pierre du sol, il se retrouva dans le noir. Ou presque, une lueur brillait, avançait à sa rencontre. Il put bientôt en distinguer le porteur et ce qu'il vu le laissa un temps sans voix. Un centaure. Un homme, doté d'un corps de cheval. Il se garda bien de faire la moindre réflexion, bien évidement. De plus que ce dernier s'adressa directement à lui.
    S'il avait encore eu des doutes, ils étaient maintenant envolés. Il avait été fait évadé pour un but précis, on le l'avait pas tiré de sa geôle et des mains de son tortionnaire par hasard. Ces gens savaient qui il étaient et il ne savait pas s'il devait s'en inquiéter ou non.
    La Rébellion. Il y avait donc une rébellion en Enfer. La même qui l'avait extraite à son sort éternel. Il resta encore un temps sans rien dire. Que répondre à ça ? Se dessinait peu à peu les probables raisons du « pourquoi », même s'il aurait besoin d'une confirmation.
    Il passa outre les présentations, il aurait tout le temps pour ça non ? Une question plus pressante le taraudait et c'est un peu abruptement et sans un merci qu'il demanda :
    -Pourquoi moi ?
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MessageSujet: Re: Le prochain maillon (PV)   Jeu 29 Jan - 16:53

Le prochain maillon


    Le Centaure leva le bras, pour éclairer davantage le visage du damné, avant de porter son regard en direction de sa supérieure, semblant attendre son ordre. La flamme dévoila sa peau brune et tannée ainsi qu’une musculature saillante. Carrure impressionnante et ça même pour un membre de cette espèce en voie d’extinction. Erent était vieux, plus vieux encore, que la Rébellion. Il émanait de lui la force tranquille des grands guerriers. C’était aussi paradoxalement l’un des plus bienveillants du réseau. Pour cette raison, il gérait la majorité des entrées.

    Astio passa agilement dans le dos d’Appelton pour s’avancer sur le seuil de la Galerie. Ses mains abaissaient la capuche de la capeline tandis qu’elle fixait l’entrée. Ses longs cheveux noirs étaient relevés dans un enchevêtrement complexe d’Anglaises parfaites. Les stigmates bleus s’étiraient autour de ses paupières jusque sur sa gorge.
    Indifférente à la sécheresse ou au manque de gratitude de cet humain. Elle semblait déjà portée vers autre chose. Préoccupée par plus important que la curiosité de ce dernier. Concentrée sur tout ce qu’il lui restait à faire maintenant qu’ils étaient arrivés. Elle marqua une pause, fixa le jeune homme, puis ordonna avec fermeté.

    « Amènes-le au Centre. Un souffle d’air porta le son d’un long sifflement dans le couloir principal. Dis aux sorciers de venir refaire le sort de protection. »

    David était sain et sauf. Pour l’instant. Néanmoins, vivre dans la clandestinité avait pour conséquence de vivre dans une tension permanente. Différente de la tension du prisonnier qui attend le bruit des clés dans la serrure. Mais pas moins maladive. En particulier quand, comme la Furie, on avait la sécurité de plusieurs centaines de vies à gérer. Le poids pesait en permanence.

    « Explique-lui. Avant, il faut que je parle aux Fées. » Une forme indistincte se gonflait dans le dos de la créature, tandis qu’elle se mettait en route vers le quartier général. Avant que sa silhouette ne disparaisse, au loin, résonna un fiers claquement. Celui de ses ailes noires qui reprenaient leur liberté.

    Le silence se brisa très vite. « Notre dernier Intermédiaire a été tué la semaine dernière. Vous étiez le Vaisseau le plus près dans les délais impartis. Mais enfin bref… On verra ça un peu plus tard. Une énorme main s’étira vers le frêle humain. Je m’appelle Èrent. Je m’occupe d’accueillir les petits nouveaux dans ton genre. Èrent lui adressa ensuite un sourire de connivence. Si on allait fêter cette liberté… qu’est-ce que t’en dis ? Il souleva la torche et commença à avancer dans les profondeurs des souterrains d’un sabot lent et régulier. Je paris que tu as oublié à quoi ressemble le goût d’une bonne bière hein ! Allez, viens ! »

    La Galerie était haute de trois mètres et de largeur égale. Il y faisait humide et sombre. Les parois étaient nus et sans signe distinctif. Donnant l’impression d’avancer dans un couloir sans début ni fin. Ils avancèrent en ligne droite pendant dix bonnes minutes avant de passer régulièrement par différents branchements. Tantôt droite. Tantôt gauche. Peu à peu l’atmosphère se fit plus sèche. L’air un peu plus chaud.
    L’écho d’une vie fourmillante se faisait entendre.

    Des portes ouvertes donnaient sur une immense salle dans laquelle grouillaient des dizaines de créatures. On arrive sous le château. C’est pour ça qu’il fait plus chaud. L’espace était ouvert, organisé en différente section, la première, celle de l’ingénierie, regroupant une logistique de pointe pour l’étude de données. Des écrans de verres diffusaient des lignes de codes barbares. Des voix échangeaient dans des langues diverses. Les Organisations terrestres de sécurité et d’espionnage n’avaient pas encore inventé certains des algorithmes utilisés dans ces machines.

    Puis, ils passèrent dans une seconde pièce où se déployait une infirmerie générale. « C’est pas de tout repos de lutter contre un roi, comme tu vois. Les Messes c’est par là. Il y avait tout un bestiaires de créatures. Tout ce que l'esprit Humain avait pu imaginer. Tout... Majoritairement, ce que l'Enfer nommait les Divergents. Dissemblables. Ils cohabitaient. Le guide poussa une dernière porte du plat de la main, dévoilant un réfectoire digne des camps militaires terriens. Èrent montra une table et se chargea d’aller chercher la boisson promise et de la déposer face au jeune rescapé. La la tient gamin ! » Dans la bouche d’une bête pareille ça ne semblait ni déplacé, ni moqueur. Il appuya cette familiarité d’un clin d’œil.

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MessageSujet: Re: Le prochain maillon (PV)   Sam 31 Jan - 14:49

    David avait lentement baiser le capuchon qui plongeait son visage dans l'ombre alors que sa sauveuse en faisait de même. Il eut finalement l'occasion de celle qui avait, semblait-il, eu le courage de venir le tirer de sa prison. L'étoffe révéla une cascade de cheveux noir et parfaitement bouclé. Il retrouva sur son visage les mêmes symboles bleus qui maculait ses bras et qui descendaient se perdre le long de son cou et continuait probablement sous le tissus. Elle vint fixer son regard dans le sien mais déjà elle s'adressait à la créature mythologique qui se tenait non loin, distribuant les ordres comme elle avait pu le faire plus tôt avec lui. Elle avait l'habitude, conclut-il pour lui-même, l'habitude d'être en charge et de gérer beaucoup de choses. Elle avait ce déterminisme caractéristique et dans la voix, cette intonation sans appel. Elle s'éloigna rapidement et l'homme ne put détacher son regard d'elle, il crut voir, tandis qu'elle disparaissait dans le tunnel au devant d'eux, une paire d'ailes sombres s'ajouter au tableau étrange que formait cette jeune femme aux stigmates bleutés.
    David eut soudain un sentiment de culpabilité. Il n'avait pas eu le temps de la remercier pour ce qu'elle avait fait, ni même lui demander son nom. Il n'avait posé qu'une rude question, trop obsédé par ce retournement de situation. Il s'en voulut et jura pour lui-même qu'il le ferait dès qu'il aurait l'occasion de la revoir. S'il en avait l'occasion. Il soupira doucement, presque imperceptiblement. Ses épaules retombèrent et une pression s'évapora, laissant le damné légèrement étourdit.
    Il était maintenant seul avec le centaure et même si l'allure inhabituelle de l'homme-équin provoquait chez lui une sensation étrange, il constata qu'il n'était pas plus étonné que cela. Comme si, au fond, il sut qu'il ne devait plus s'étonner de rien.
    La créature mythique prit rapidement la parole pour répondre presque immédiatement à sa question. La façon si direct avec laquelle il formula sa réponse laisse David silencieux pour un ton. Ses spéculations s'étaient trouvées fondées et il en ressentit une sorte d'amertume. Il était sauf, mais cela n'avait rien à voir avec lui, mais tout avec sa « fonction ». Quoi d'autre, lui-même n'était qu'un pauvre hère, une âme parmi tellement d'autre. Il était ainsi donc le vaisseau le plus proche, lui ou autre n'aurait pas fait beaucoup de différence... Il ne répondit rien, même s'il eut du mal à cacher ses pensées.
    Que diraient-ils quand ils viendraient à apprendre que c'était Silence radio du côté de l'Ange qu'il avait jadis hébergé et que lui-même n'avait plus aucun souvenir de quoi que ce soit ? Le renverraient-il à son supplice ? Le laisseraient-il seul, errer dans ces lieux dont il ne connaissait rien, jusqu'à ce qu'il soit reprit par ses bourreaux ?
    C'est donc sans grande conviction qu'il serra l'énorme main qui s'était offerte à lui. Presque aussi grande qu'une petite poêle à frire, il fut cependant reconnaissant au centaure de ne pas lui briser la main dans l'échange. Il se présenta sous le nom de Erent et le sourire qui s'étendit ensuite sur ses lèvres étaient censé rassurer notre protagoniste. Il l'invita alors à aller boire à sa liberté. Liberté encore bien amer, mais David suivit la créature mi-homme mi-cheval avec un hochement de tête approbateur.
    Jamais notre homme n'eut l'impression d'être aussi démuni. Aussi bien au niveau de ses connaissances, - car il se rendait de plus en plus compte qu'il ne savait rien sur cet endroit, que la vision chrétienne qu'il possédait, même couplé à des réminiscences du savoir légué par Ézéchiel et sa malheureuse expérience dans les cachots, n'était que très éloigné de la réalité. Qu'au niveau de son libre arbitre, aucun autre choix ne s'offrait à lui que de suivre, accepter, attendre qu'on lui demande quoi que ce soit. Et cette sensation était particulièrement inconfortable. La progression se fit en silence, David, enfermé en lui-même, soumis à ses interrogations sans fin.
    Ils arrivèrent finalement dans une large salle, remplie de créatures diverses dont la vision ne dérangeait déjà presque plus le damné. Il hocha une nouvelle fois la tête en guise de réponse à l'explication d'Erent, incapable de savoir quoi répondre d'autre. Ses yeux parcouraient l'endroit presque irréel, pour l'espace d'un instant, il se serait cru de nouveau sur terre, face à une technologie de pointe digne de film d'espionnage. Il ne comprenait pas la moitié des conversations qui s'échangeaient et qui se réunissaient en un brouhaha légèrement oppressant. Ils entrèrent dans une seconde pièce, sorte d'infirmerie qui rassemblaient nombres de créatures. Il écoutait le centaure tandis que ses yeux parcouraient la salle. Ils franchirent une nouvelle porte derrière laquelle se trouvait un grand réfectoire. David s'assit docilement à la table désigné, ne pouvait décrocher son regard de tout ce qui se passait autour de lui. Une révélation lui vint. J'ai tellement de choses à apprendre. Il posa ensuite ses yeux sur la bière devant lui, relevant le regard sur le centaure qui d'un clin d’œil le qualifiait de gamin. Il rendit à la créature mythologique un sourire plus proche d'une grimace qu'autre chose.
    Il jeta de nouveau un coup d’œil à sa bière. Il n'avait jamais bu énormément et le goût de la bière ne lui était pas extrêmement familier, il renifla discrètement son verre qui semblait étrangement inodore, mais l'homme savait qu'il ne pouvait plus vraiment faire confiance à ses sens ici-bas. Il finit par boire une gorgée et la fraîcheur qui semblait descendre le long de sa gorge lui fit un bien fou. Il garda le silence encore un moment, incertain de ce qu'il devait dire.
    -Comment s'appelle la jeune femme qui m'a... il hésita sur le terme. … sauvé ?
    Il était encore piteux de n'avoir pu la remercier, même si une sorte de ressentiment continuait de le dévorer alors qu'il se sentait peu différent d'un objet qu'on aurait utilisé. Une fois encore, il se surpris à ressentir les choses différemment, comme s'il n'était plus vraiment lui. La rancoeur ne faisait généralement pas partie des sentiments qu'il éprouvait, surtout vis-à-vis de quelqu'un qui l'avait tiré littéralement de l'enfer.
    -J'ai encore du mal à comprendre. Commença-t-il. Il aurait pu préciser « tout », mais s'il voulait des réponses, il lui faudrait probablement définir un peu plus spécifiquement ce qui le taraudait. Notamment les nombreuses questions « métaphysiques ». Je suis... mort, n'est-ce pas ? Dit comme ça, c'était encore plus étrange, je veux dire, mon corps.. est quelque part, enterré, et.. il évita d'ajouter des détails sur l'état probable de décomposition de son enveloppe charnelle. Pourtant je suis ici, je bois une bière et je sens à peu près le goût qu'elle a et je ressens les choses et... la douleur... il voulait le moins possible repenser à ça. Et cet endroit... cela dépassait son entendement de l'au-delà, sa conception cartésienne des Enfers. Il répéta pour lui-même j'ai tellement de chose à apprendre.
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MessageSujet: Re: Le prochain maillon (PV)   Dim 1 Fév - 11:58

Le prochain maillon


    Èrent reposa son verre. Darda ses yeux gris sur le mortel. «Astio.» « Hargne ».
    Les noms étaient choisis en fonction du tempérament. Du trait de caractère le plus présent. Sous ces dehors froid et calme, Giada était une enfant de la Colère, vive, passionnée. Ses emportements étaient aussi dévastateurs que des tornades. Chacun ici en avait un jour été le témoin plus ou moins malheureux. «C’est le bras droit du chef. C’est madame « Logistique ». Elle gère l’approvisionnement ici. La coordination générale de nos équipes. Et parfois, elle fait des missions. Quand Léonidas le lui demande. » Lucide sur le besoin d’obtenir des réponses. Il n’était pas facile de débarquer dans cette ruche. Un élan de bienveillance l’amena donc à apporter une précision supplémentaire pour tranquilliser David. «Surtout ne te formalise pas pour ce côté femme des glaces. Elle est comme ça avec tout le monde.»

    L’effervescence générale produisait un brouhaha constant. Mais un calme relatif régnait dans le coin où étaient installées les deux créatures. L’atypique duo attirait un peu la curiosité, les regards. Pour l’instant personne ne s’approchait.

    «C’est vrai que pour vous les damnés ce n’est pas pareil… » La grosse main alla masser le bas de la gigantesque mâchoire d’un geste pensif. Ce genre de sujet réclamait un certain soin dans la formulation. «Je vais essayer de t’expliquer, même si je pense qu’il faudra que tu en reparles avec d’autres mortels. » Il posa alors ces deux coudes sur la table et tendit les mains vers lui. «Tu est bien « mort » au sens où on l’entend à la Surface. Ta vie sur la Terre est terminée. Ton corps pourri quelque part. Et à moins de posséder un autre mortel, tu ne pourras pas y retourner. Mais, quand le grand Patron nous a créés, il nous a faits complexes. Avec un corps et un esprit. Une âme si tu préfères. Cette âme ne meurt pas, elle. Elle prend un chemin. Soit vers en Haut. Soit ici en Bas. Et cette âme garde mémoire de ce que tu as été, de tes émotions, et de tes ressentis. Donc tu as l’impression de sentir la chaleur, la douleur, la soif, parce que ton âme a le souvenir de tout ça. » Ils effleuraient des questions plus proches de la métaphysique que de la science pure. Seuls les véritables croyants donnaient l’impression de saisir exactement ce qui se passait une fois que la « vie » s’arrêtait.

    Rire gras et cris enthousiastes explosèrent momentanément. Ambiance bonne enfant malgré la menace constante qui pesait sur chacun d’eux. Pareil à tous les mouvements protestataires, celui de la Rébellion renforçait la camaraderie. Une solidarité qui ne se trouvait nul par ailleurs dans le royaume de Lucifer.

    «Ce qu’il faut que tu comprennes c’est qu’à moins d’être envoyé dans les « Limbes » tu vas rester comme ça, éternellement. C’est la contrepartie pour que tout ce bordel fonctionne. » Èrent lui offrit un sourire de soutien. La prise de conscience de la réalité était un passage forcé pour chaque damné. Sans quoi ils n’avançaient pas. Aucun d’eux. «Nous on ne fait qu’ouvrir une porte. Mais la vraie prison elle est ici. C’est tout cet endroit. Ce système. C’est pour ça aussi qu’on est là. On veut que ça change. » Un léger claquement de sabot résonna contre les dalles du sol.

    Après avoir bu une nouvelle gorgée et fini sa chope, le guide reprit. «Tu n’en a pas encore conscience, mais tu viens de faire un énorme pas vers la liberté. Plus de torture. Plus de douleurs. À partir de maintenant tu es une âme vagabonde. Tout ce que tu as à faire c’est de te trouver un but. Un objectif.» Le sourire du Centaure s’agrandit. «Mais bon, ça, ça peut venir plus tard aussi.»

    Avancer par étape. Voilà la meilleure façon de progresser. En particulier quand on voulait obtenir la confiance de l’autre. Le vieux guerrier n’était pas aussi brusque que ne le laissait supposer son physique. «Allez pose moi ta prochaine question David. »



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MessageSujet: Re: Le prochain maillon (PV)   Dim 1 Fév - 13:26

    David faisait inconsciemment tourner son verre entre ses doigts. Le regard perçant d'Erent avait quelque chose qui le mettait mal à l'aise. Face à la puissance qui émanait de la créature mythologique il se sentait comme misérable. Lui qui ne connaissait rien à rien. Il avait d'ailleurs du mal à fixer son regard sur le centaure et ses yeux fuyaient tantôt vers le reste de la salle, tantôt sur le contenu jaunâtre et mousseux de sa chope.
    Astio. C'était donc là le nom de sa sauveuse aux cheveux noirs et aux tatouages bleus. Les informations que lui fournit Erent sur son compte ne le surprit guère. Il avait pu sentir cette distance glaciale dont il parlait et qui lui avait fait pré-sentir l'importance du personnage. Elle était la bras droit de cette... entreprise, de la « Rébellion », du moins c'était ainsi qu'on lui avait présenter les choses. Devait-il en déduire que Léonidas en était la tête ? L'idée même d'une rébellion en Enfer sembla soudainement à David complètement paradoxale, mais il se garda bien d'en faire la remarque. Il se doutait que d'autres explications sur le sujet ne tarderaient pas.
    Le centaure entreprit ensuite de lui expliquer plus clairement ce qu'il n'arrivait pas encore à saisir. Assis à cette table, concevoir sa propre mort était une chose assez difficile – comme pour toutes personnes qui n'avaient jamais vraiment eu le désir de mourir damnées, imaginait-il. Vendre son âme en toute connaissance de cause avait-été une chose, se retrouver de l'autre côté du miroir en était une toute autre.
    Les mots de Erent étaient durs à écouter. David ne pouvait s'empêcher de revoir l'immonde chien des Enfers qui était venu le chercher au moment venu. Aurait-il vendu son âme une seconde fois, si cela avait été possible, pour gagner encore quelques années, quelques minutes à vivre ? Jamais il ne pourrait remettre les pieds sur Terre, il le savait, mais l'entendre brisait l'infime espoir. Pour la seconde fois, il avait laissé derrière lui sa femme et ses enfants et il ne pouvait plus rien pour eux. Il avait payé pour son égoïsme, pensa-t-il, sa plus grande faiblesse. Il n'avait plus que sa foi, il devait se raccrocher à celle-ci.
    Il but une nouvelle gorgée de bière, conscient qu'il devait maintenant descendre vers le chemin de acceptation. Pourquoi avait-il autant de mal à accepter cette « vie » dans l'au-delà. Il connaissait les Textes Saints. Il repensa soudainement à la Parabole du mauvais riche et du pauvre Lazare. Les écritures regorgeaient de cette doctrine sur la vie d'après. N'avait-il pas lui-même calqué sa vie sur ces enseignements ? Il avait eu foi en beaucoup de chose, cette même foi qui l'avait rendu digne hôte d'un être céleste. Comment pouvait-il alors, à ce moment même, questionner l'Ici-Bas ? La réponse lui apparu aussi soudainement que violemment : Il n'avait rien à faire ici, il ne le méritait pas. Cette « liberté » retrouvée n'était pas pour lui. La souffrance insoutenable de ces mois, ces années peut-être, là-bas dans les geôles, il l'avait accepté au moment même où il avait signé de son sang un pacte avec le diable. Elle était le prix à payer, il ne méritait pas cette alternative qu'on venait de lui offrir.
    Des éclats de rire un peu plus loin sortir David de ses tristes réflexions. Il releva la tête brusquement vers le centaure. Ses traits révélaient un tiraillement mais l'origine devait rester inconnue à son interlocuteur. Heureusement pour David, il n'avait plus peur de l'éternité. Auprès de ses bourreaux, il l'aurait passé à lutté contre la tentation et la faiblesse. Ici, il lui faudrait un nouveau but, probablement. Erent le lui confirma. Est-ce qu'aller jeter un coup d’œil à la surface pour s'assurer que sa famille se portait bien était un objectif ? Il n'osa pas le demander pour le moment.
    Déjà le centaure l'invitait à poser une nouvelle question. Au moins ne semblait-il pas avare de réponses.
    -En quoi consiste la Rébellion ? Comment comptez-vous changer cet endroit, les Enfers resteront les Enfers, non ? David restait réaliste. Et moi, du moins, ma qualité de Vaisseau, qu'est-ce que j'ai à faire là dedans ?
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MessageSujet: Re: Le prochain maillon (PV)   Mer 4 Fév - 19:10

Le prochain maillon


    Le goût de la Rébellion, de la Révolte était venu, dans ce royaume, avec l’arrivée d’un Sparte enchaîné. Mortel insoumis. Il le resta après sa propre mort. Avec lui était né un désir de changement. Désir, qui au cours du temps, n’avait fait que s’accroître.

    «Oui, il y aura toujours des Enfers, ça, c’est sûr. On ne peut pas faire sans. C’est une question d’équilibre. » Èrent croisa ses mains sur la table en pierre. Inspira et se lança dans une présentation succincte du Mouvement. Le timbre de sa voix était imperceptiblement plus grave. «Mais on peut en changer certaines règles. C’est de là que vient la Rébellion. Il y a pas mal de monde ici que trouve le système actuel… injuste.» Iris étincelantes. «Nous allons faire, comme tous les mouvements protestataires de l’Histoire ont fait... Un Soulèvement. »

    Un brin de folie sembla prendre le regard du Centaure, alors qu’il expliquait, que la Rébellion s’étendait jusqu’à la Surface. Qu’ils étaient plusieurs centaines dispersées dans ce monde. Relié entre eux par le Secret et la foi. L’organisation s’étendait dans tous les réseaux démoniaques ou presque. La fierté gonfla son torse, de combattant aguerri, quand il apprit aussi à David, qu’il eût été l’un des premiers Enfants de Dieu à avoir rejoint Léonidas.

    Des frères et sœurs, en le voyant parler, s’étaient levés pour venir avec eux et écouter le récit. Tous avaient déjà entendu l’histoire des centaines de fois déjà. Pourtant, ils prenaient plaisir à la réentendre encore et encore. Comment ils s’étaient cachés sur le territoire des Titans. Comment ils en avaient sacrifié certains pour occuper les soldats. Comment un sorcier avait trouvé le moyen de couper le lien télépathique qui les attachait à Lucifer. «Il faudra que toi aussi tu te fasses couper le lien. » Tournant la tête sur la droite, la créature pointa de l’index, une petite cicatrice située au niveau de sa tempe. « C’est une opération délicate. Mais tu n’as pas à t’en faire. Quand, on est passé entre les mains des Tortionnaires comme toi, ça équivaut à un léger maux de tête… »

    Yeux de toutes formes, couleurs et expressions, détailla l’ancien prisonnier. Une damnée inclina le chef en signe de solidarité à son attention. D’autres se montrèrent beaucoup moins chaleureux. Le but collectif n’empêchait certes pas les esprits les plus suspicieux de rester sur leurs gardes.

    «… On a perdu beaucoup des nôtres. Surtout pendant les grands conflits à la Surface. Pendant la première guerre mondiale sur Terre, une partie du réseau a été découvert par des Traqueurs de Lucifer… » Un silence lourd s’empara de la tablée, plongée dans un souvenir pénible. «Mais enfin, La Rébellion a tenue malgré tout. Maintenant, ceux ne sont plus les forces de Lucifer qui nous font peur… »

    «Le Fléau… ! Tu as vu les affiches, non ? Cette saloperie est en train de nous tuer à petit feu…» Un murmure monta. Chacun maudissant la Peste de tous les noms. «Oui, c’est ça, la peste… » Ils commencèrent à partager les informations qu’ils avaient pu avoir sur ce fulgurant virus. Leur voix vibrait. La pneumopathie aiguë. L’infection. La fièvre. La mort. Il n’y avait que ça. Un véritable ravage selon eux. Les plus forts mourraient en à peine une semaine. Ils étaient forcés d’euthanasier, leurs amis, leurs frères, leurs amants. La peur paralysa les langues. Le plus vieux se contenta de dire le seul conseil sensé. «Fui la. »

    Une cloche retentie. Ils levèrent tous les yeux.


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MessageSujet: Re: Le prochain maillon (PV)   Lun 3 Aoû - 14:03

    Une question d'équilibre, étrangement, David semblait comprendre où le centaure voulait en venir, comme si une évidence se présentait à lui. Il ne répondit rien. Il ne pouvait que boire les paroles de l'être mythologique tandis que celui-ci s’enflammait peu à peu en exposant aux damnés les faits. Une rébellion, un soulèvement à venir qui, à sa grande surprise, ne concernerait pas que les Enfers. David sourit doucement, pas d'un sourire moqueur, non, mais d'un sourire presque impressionné, touché par la volonté et la fierté d'Erent. Il trouvait beau son dévouement, son implication pour cette tâche. Il contait son histoire et celle de ses camarades avec une vivacité qui dénotait une certaine habitude, des tables autours, certains s'était levé pour venir écouter le récit épique du centaure. David, comme tout les curieux venu tendre un oreille, était transporté. Mais notre damné, plus vite que tout les autres, fut ramener à la réalité. Il était admiratif, mais il avait cette impression que tout cela n'était pas son combat. Il ne pouvait que se sentir à des kilomètres de ce qu'Erent et les autres avaient vécu. Lui, petit humain sans envergure, damné pour avoir vendu son âme, il n'avait rien à voir avec toute cette histoire. Il se garda de faire le moindre commentaire à ce sujet. Il resta muet et seul son regard s'était rembruni.
    Il fixa de nouveau les yeux sur l'homme équin lorsque celui-ci mentionna un lien. Un lien que, semblait-il, tous entretenait avec Lucifer lui-même, à moins que ce lien ne fut coupé. David frissonna à la mention des Tortionnaires et d'une opération délicate. Mieux valait ne pas y penser maintenant. La suite du discours d'Erent le tira bien rapidement de ses amers réflexions. L'histoire de la Rébellion laissait les rangs silencieux... jusqu'à la mention d'un mal autre que celui du Prince des Ténèbres lui-même... un fléau, LE Fléaux. Alors, tous autour de leur table, faisant entendre leur voix, qualifièrent ce mal qui ravageait leurs rangs mais également l'ensemble des Enfers.
    Ce ne fut qu'à ce moment que le damné prit conscience du monde qui s'était attroupé autour d'eux. Il balayait de ces yeux l'assemblée hétéroclite qui formait maintenant un amas compacte et vraiment étrange, buvant tantôt les paroles du centaure, tantôt faisant entendre leurs avis. Ils semblaient se rejoindre au moins sur un point essentiel : personne n'était à l'abri. David ne savait pas bien à quoi ressemblait cette pandémie, il n'avait eu aucune occasion de l'observer, il n'avait vu que les affiches. Mais les mots utilisés pour la décrire ne laissait planer aucun doute quant à sa virulence et sa dangerosité. Le Fléau, comme ils nommaient l'épidémie créait ici même une ambiance tendue. David arrivait, sans jamais y avoir été confronté, une sorte d'angoisse à l'idée de contracter cette horrible maladie, pourtant, il restait perplexe. Qu'advenait-il de toute ces personnes raflées par le Fléau ? Il venait à peine de découvrir cette « vie » après la mort, mais après la mort, qu'y avait-il ?
    Il allait ouvrir la bouche pour poser sa question mais à cet instant même, un son de cloche emplit la pièce. Le silence se fit instantanément et toutes les têtes et tous les yeux se levèrent dans la même direction, laissant David avec ses mots accrochés derrière ses lèvres. Une vague d'inquiétude passa sur son front, l'appréhension de l'inconnu et de l'incompréhension.
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